Avant Google, les questions tordues étaient posées… aux bibliothécaires.

Aujourd’hui, un article de Rue 89 (ou du Nouvel Obs, je ne sais jamais où commence l’un et où finit l’autre…) sur les questions tordues posées aux bibliothécaires avant la quasi hégémonie de Google. Très réjouissant !

La New York Public Library (NYPL), la deuxième plus grande bibliothèque américaine, recevait ainsi des centaines d’appels téléphoniques sur les sujets les plus divers. Lorsque les questions étaient drôles ou inhabituelles, les bibliothécaires les notaient sur des petites fiches. Des bibliothécaires de la NYPL ont mis la main sur un carton plein de ces fiches, datant des années 40 aux années 80.

 

La veille en entreprise : retours d’expériences

La veille est, malheureusement encore aujourd’hui, une pratique assez peu comprise dans le monde de l’entreprise, soit parce que ses bénéfices supposés ne pourraient pas être ressentis à court terme, soit parce qu’elle n’est pas envisagée comme un domaine professionnel à part entière, mais tout au plus comme une simple compétence que la connaissance de l’existence des fils RSS et la création d’un compte Scoop.it! suffiraient à maîtriser. Sans vouloir se lancer dans un plaidoyer pour l’intérêt de la veille en entreprise, il est aisé de dépasser ces lieux communs en allant directement au coeur des cellules de veille d’entreprises variées. Et ça tombe bien, la semaine dernière a été féconde en retours d’expériences…

Intérêts de la veille

La CCI d’Alsace a mis en ligne une vidéo filmée au Cogito Expo ’14, « carrefour des veilleurs et des prestataires en veille ». De cette (courte) vidéo, qui rappelle l’intérêt des pratiques de veille en entreprise, trois points essentiels sont mis en lumière :

- suivre l’évolution de son secteur d’activité

- connaître ses concurrents et ses clients

- connaître les produits existants, et d’adapter ceux de l’entreprise aux réels besoins du marché

Ce salon a été également l’occasion de faire se rencontrer des veilleurs de domaines très différents, ainsi, un veilleur au comité européen pour la prévention de la torture et des peines ou traitements inhumains ou dégradants au Conseil de l’Europe et un lobbyiste à la Silicon Valley mettant en contact des PME alsaciennes et des entreprises US. Comme le fait remarquer le premier veilleur : « les techniques sont les mêmes ;  seules les finalités sont différentes »

L’intelligence concurrentielle : l’exemple de Carrefour

Cet article, bien que rédigé avec les pieds*, a le mérite de présenter un retour professionnel assez intéressant. En effet, la chaîne de supermarchés Carrefour bénéficie en France d’une antenne « Intelligence concurrentielle », gérée par deux personnes. Ils publient sur la plateforme  interne à l’entreprise (nommée KB Crawl) le produit de leur veille aux collaborateurs.

La veille porte essentiellement sur l’activité de leurs concurrents, « de leur stratégie à leur politique de prix », qu’ils appartiennent au domaine alimentaire ou non : ainsi, le secteur du numérique bénéficie d’une attention toute particulière

Les veilleurs insistent sur la multiplicité de leurs sources, qui ne cessent d’augmenter, sur les retours de leurs produits de veille (« nous nous sommes recentrés sur des problématiques concrètes », précise A. Merzougui, l’un des deux veilleurs en poste), ainsi que sur la nécessaire évolution de leur plateforme (ergonomie, compatibilité smartphones et tablettes, amélioration du moteur de recherche, etc).

Digimind et la veille collaborative

Cet article de l’excellent blog Recherche-éveillée fait le compte-rendu d’un atelier dans lequel des professionnelles de l’Infodoc ont présenté leurs démarches au sein d’un cabinet d’audit et de conseil ainsi que d’une société d’avocats pour mettre en place une veille professionnelle, via l’outil Digimind.

L’équipe Veille du BRC (Business Research Center) du cabinet d’audit et de conseil Deloitte suit 36 veilles, qui nécessitent chacune un mois pour se mettre en place, puis une heure de travail par semaine une fois lancées. Ce service de veille « a permis le développement d’opportunités, avec par exemple un renforcement de la démarche commerciale, la mise en place d’outils collaboratifs et une meilleure exploitation des sources d’information. » D’autres objectifs permettront de faire de cette plate-forme « un guichet unique d’informations », collectant des données de sources aussi bien externes qu’internes, ainsi qu’une « offre transverse et collaborative de veille », dans laquelle tous les collaborateurs seraient non seulement clients mais aussi acteurs. Cela permettrait aussi de « valoriser les ressources documentaires, de connecter l’information externe et interne, d’élargir le périmètre et l’exhaustivité des veilles et de recouper l’information. »

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Le second retour d’expérience décrit dans cet article concerne le cabinet d’avocats TAJ, du groupe Deloitte, qui a aussi bénéficié d’une harmonisation et d’une professionnalisation de ses pratiques de veille grâce à  la plateforme Digimind. Quatre produits documentaires majeurs ont été mis en place : une veille quotidienne, une revue de presse, quotidienne elle aussi, une veille juridique et fiscale, envoyée deux fois par semaine, et une sélection d’articles, hebdomadaire. S’y ajoutent des dossiers, des recherches d’informations, etc.

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Pratiques de veille à la SNCF

Toujours sur le blog Recherche-éveillée (décidément…), un article sur un retour d’expérience de pratique de veille, cette fois-ci à la SNCF. Trois axes ont étés définis, suite à un audit :

-> Veille et services clients :

  • anticiper les besoins d’informations des différentes directions,
  • ne jamais dire « non » à une question,
  • constituer des produits à valeur ajoutée à la demande (synthèse, benchmark, dossiers documentaires…).

-> Expertise : gestion documentaire et gestion des flux d’information, knowledge management :

  • diagnostiquer les besoins des différentes entités,
  • les accompagner dans leurs projets,
  • optimiser la gestion des flux d’information,
  • mieux partager les informations à valeur ajoutée produites par SNCF.

-> Réseau : bâtir des partenariats avec d’autres entités :

  • organiser des réunions visant à rassembler des veilleurs documentalistes (tant en interne qu’en externe),
  • animer le réseau documentaire interne, tout en respectant le périmètre de chacun (pour connaître / faire connaître ce qui se fait),
  • mettre à disposition une plateforme d’échanges et outils partagés.

 

De nouvelles pratiques de veille ont donc été mises en place,  grâce à des produits documentaires mieux adaptés et à un repositionnement, « plus proche de l’intelligence économique ». Il s’agissait de s’adapter aux évolutions stratégiques de la SNCF, et de développer les pratiques collaboratives.

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Retours d’expérience à la RATP

Signalons enfin l’atelier organisé par le secteur Veille de l’ADBS, qui se tiendra le 7 novembre prochain au CNAM de Paris. 3 interventions sont prévues :

la veille réglementaire, normative et technique, par Éric Gaillard, Documentaliste, Département de l’ingénierie (RATP),
- les 4 maillons de la veille juridique, par Jean-Christophe Hardel, Documentaliste, Département Juridique (RATP),
– des veilles transversales à l’entreprise, par Lucie Merckens & Bénédicte Emma, Documentalistes, Département de la Valorisation immobiliere, des Achats et de la Logistique (RATP)

Bonne veille !

Louis Gourdain.

*Le lecteur un tant soit peu pointilleux remarquera un « style » dont le manque de cohérence est dû à une mise en forme très rapide de notes prises en vitesse et copiées-collées tant bien que mal….Trois paragraphes sont d’ailleurs répétés, copiés-collés à la suite, signe d’une pratique d’écriture n’incluant que très peu de relecture. Dommage pour l’image des veilleurs, dont la crédibilité en prend un coup…

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capture d’écran du site (le 04/11/14)

Le combat des bibliothécaires américains contre la surveillance d’État

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Excellent article du Washington Post sur les protestations des bibliothécaires américains contre la surveillance généralisée du gouvernement américain.

En septembre 2003, le procureur général John Ashcroft répondait par l’ironie aux inquiétudes des bibliothécaires concernant le Patriot Act, en disant que l’État ne s’intéressait pas à qui avait lu le dernier Tom Clancy, et jusqu’où.

Aujourd’hui que la surveillance d’État généralisée a été mise à jour par Edward Snowden, les bibliothécaires se sont de nouveau regroupés, et font en sorte que leurs voix se fassent entendre de manière plus coordonnée. Cette association de bibliothécaires entend

« protéger les droits à la vie privée et à la confidentialité de chaque usager de bibliothèque en respectant les informations cherchées ou collectées, ainsi que les ressources consultées, empruntées ou transmises. »

Les bibliothécaires US pendant la guerre froide : 

Les bibliothécaires semblent être à la pointe du respect des informations générées par les usagers sur leurs pratiques de lecture, puisque, l’article nous le rappelle, dès la guerre froide, des agents du FBI avaient demandé à des bibliothécaires de New York de surveiller certaines personnes suspectées d’intelligence avec l’ennemi.

« De telles choses sont tellement éloignées des devoirs professionnels d’un bibliothécaire que je trouve inconcevable qu’une telle chose puisse se produire »

avait alors déclaré la présidente de l’association des bibliothécaires de New York. Des pratiques très éloignées, certes, mais qui prouvent combien les documentalistes (pour prendre une appellation générale) sont au centre des préoccupations sur la recherche et la collecte d’informations !

« Un monde post-Snowden » :

Du temps du Patriot Act, les bibliothécaires s’étaient alarmés du risque d’abus commis par le gouvernement – comme un arrière-goût amer des pratiques peu scrupuleuses de la guerre froide. Cela dit, les révélations de Snowden on fait état de pratiques bien plus graves que ce qui avait alors été craint, et ils ont été obligés de revoir leurs stratégies : les données d’utilisateurs sont effacées dès que possible pour ne pas pouvoir être transmises au gouvernement, et certaines bibliothèques du Massachusetts utilisent des routeurs anonymes tels que le célèbre TOR…

Le mot de la fin :

Le mot de la fin est pour Kevin Bankston, du New America’s Open Technology Institute :

« les bibliothécaires sont en première ligne de la société d’information, chargés de fournir un accès facile à l’information pour tous, et sont souvent les premiers à élever leurs voix contre les problèmes liés aux contrôles d’Internet, que ce soit la censure en ligne, les droits numériques ou, plus souvent après le 11 septembre, la surveillance généralisée. »

Ouaip.

La veille, il y a 10 ans

Aujourd’hui, pour tous les pros de la veille, un article à lire, écrit par Odile Vincent pour le site Blueboat : La veille, il y a 10 ans.

L’auteur compare l’évolution de deux outils de veille : Copernic Tracker, tout juste lancé en 2004, et Website Watcher, qui en était alors seulement à sa version  3.60.

Amusant, mais quelque peu anecdotique.

(via @terryzim)

L’univers tentaculaire de Google en une infographie

Si vous vous demandiez pourquoi un simple moteur de recherche est aujourd’hui côté en bourse à 107,43 milliards de dollars (chiffre de 2014), voici un élément de réponse via cette infographie interactive (les logos sont cliquables) qui met à jour l’ensemble des produits, services et sociétés liés à ce géant du web.

Google-World-Infographic